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  • Muriel Jaouën

Un coaching sans coach


Cette méthode made in Québec mise sur l’échange d’expérience entre pairs pour améliorer les pratiques. Elle fait tache d’huile en Europe.

Le Codéveloppement professionnel trouve aujourd’hui en écho grandissant dans les entreprises. Les sociétés comme Siemens, Orange, PSA, Air France, MMA, ou encore le ministère de l’environnement ont ainsi choisi de le déployer.

Importée du Québec et très inspirée de la pédagogie de l’action, de l’expérimentation et de la dynamique des groupes, cette méthode bouleverse l’approche classique de la formation continue.

Dans le Codéveloppement, en effet, pas de formateur attitré, pas de contenu programmé, pas de savoir théoriques.

Il s’agit d’un apprentissage construit entre pairs en réponse aux difficultés pratiques que chacun peut rencontrer dans son travail : la possibilité de sanctionner un collaborateur des relations houleuses avec un collaborateur, un fournisseur.

« Client » et « consultant » aucune thématique n’est donc imposée aux participants. Ce qui n’empêche pas de respecter certaines règles bien au contraire. Un groupe de « codév » comprend maximum une dizaine de personnes exerçant le même métier (vente, maintenance…) ou occupant une fonction identique (managers, responsable…).

Il se réunit chaque mois, autant de fois qu’il compte de membres (un projet s’étalera donc sur ce six mois s’il implique six personnes). Et ce, hors de tout rapport d’autorité. Un participant (le « client ») expose sa problématique aux autres (« les consultants ») lors de chaque séance.

Celle –ci s’articule autour de six séquences : énoncé de la problématique du client, question des consultants, formulation précise de la question, suggestions des consultants, plan d’action réalisable à court terme-court lequel le client ferait un bref bilan introduction de la séance suivante-et enfin échange d’expériences. Précision importante : chaque réunion est guidée par un animateur formé aux Codéveloppement (une prestation de qualité effectuerait environ 2000 €).

Intelligence collective.

« Le choix du thème revient aux participants, qui exposent une situation face à laquelle ils se sentent mal à l’aise.

On cherche autant à résoudre des problèmes qu’à développer chez les manager une posture d’écoute et de questionnement ; Tout ceci est bien utile lors d’une « fusion absorption » par exemple entre deux groupes, plusieurs services… cela prévient les mouvements de repli sur soi, libère la parole, encourage la dynamique & l’intelligence collective.

S’approprier le changement.

Pour les entreprises, le Codéveloppement répond par conséquent souvent à une problématique de transformation. Permet de passer d’une logique classique d’accompagnement du changement une logique plus franche d’appropriation. Prenons l’exemple d’un grand groupe français sur 2014 a revu l’intégralité des contrats de ses 2000 commerciaux : rémunération, description de postes, organisation du travail.

En moins de 10 ans , le modèle économique de l’entreprise s’est en effet trouvé bouleversée, 75% du chiffre d’affaires étant désormais réalisé par l’activité numérique l’entreprise a mis sur pied 23 groupes de Codéveloppement réunissant 180 managers commerciaux : responsables des ventes de terrains, responsables marketing régionaux, responsables relation client.

La première étape de la méthode est dans un premier temps de monter des séminaires de un ou deux jours pour présenter le concept ses chronophage mais indispensable pour bien démarrer ce travail.

Mise à nu.

La démarche repose sur le volontariat réfléchi des participants. Une réunion de Codéveloppement n’est pas un exercice anodin. On s’y met à nu. Il ne faut pas craindre de montrer ses incompétences, de s’en remettre aux autres et à leur subjectivité, d’accorder totalement sa confiance.

Autant de prérequis qui pourraient encourager les pratiques déviantes ou tout simplement mal administrées.

Attention, le Codéveloppement n’est pas du coaching collectif.

Afin de professionnaliser cette activité et éviter les dérives, un travail de constitution d’une communauté d’animateurs accrédités est en cours.

(Codéveloppement académie. M. Fabien Rodhain fondateur et dirigeant)


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