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Que percevons-nous du monde qui nous entoure?

Mis à jour : 13 déc. 2019


Quelles sont nos croyances ? Quels impacts ont-elles sur notre vie ? Notre connaissance est parfois insuffisante pour expliquer ce qui nous entoure, nous éprouvons donc un irrésistible besoin de les compléter, de les systématiser et finalement d'en dire et d'en croire plus que nous en savons.

Une croyance est un moyen plus ou moins conscient que nous possédons afin de se forger une vision cohérente du monde. Une croyance peut tenter d'expliquer l'irrationnel, comme elle peut déformer le rationnel.

Elle peut être inadéquate ou inadaptée, aidante, ou limitante.

Si les sociologues emploient également la notion de "rationalité subjective" pour les évoquer, c'est en partie parce que notre construction mentale donne un fondement objectif aux croyances.

Ces croyances ne sauraient être gratuites ou arbitraires puisque nombreuses, sont crédibles et valables collectivement.

Nous sommes constamment obligés de prendre des décisions, de faire face à des situations qui dépassent parfois par leurs complexités ses facultés d'entendement, de se projeter dans l'avenir.

Pour faire face à ces situations, nous mettons en place des "stratégies cognitives". Ces stratégies constituent pour une bonne part ce que nous appellerons ici des croyances.

Dans l'action individuelle, comme dans l'action collective, les acteurs sociaux mettent constamment en jeu des croyances et des jugements de valeur. J'agis parce que cela me paraît bien ou juste, j'adhère à une opinion parce qu'elle me paraît fondée. J'agis en fonction de mes croyances et de la vision du monde qui en découle.

L'acteur n'a pas conscience en général que ces croyances relèvent du seul fait de la conviction intime.

Nous ne pouvons pas nous passer de croyances, elles doivent avoir ce reflet d'objectivité, car sans elles, aucune action n'est possible. Nous devons apprendre à les connaître et à les nuancer.

Les croyances sont relatives à la finalité de l'action, puisque les objectifs que nous nous fixons dépendent de notre adhésion à ces croyances.

Les croyances impactent également les moyens auxquels nous encourons pour atteindre ces objectifs : dans certains cas, ces moyens peuvent être définis de manière rationnelle.

Lorsqu'on se décide d' atteindre un objectif donné, on se situe dans la position d'identifier et de peser ces moyens afin de déterminer celui qui nous paraîtra le ou les meilleurs. Lorsqu'on fait ce choix, on se réfère à des jugements de valeur issus eux-mêmes de croyance.

C'est souvent le cas, lorsque l'objectif est complexe : une réforme sociale, une réorientation ou une réorganisation professionnelle, il n'existe pas ici une liste de moyens préétablis, les moyens qui sont retenus le sont sur la base de la croyance.

Il est important de pouvoir repérer celles qui sont aidantes ("on peut apprendre à tout âge") et celles qui sont limitantes ("dans ma situation, il est impossible d'évoluer"). Repérer celles qui ont une fonction de légitimation de l'objectif ("c'est bien...C'est bon pour moi") . Repérer celles qui ont pour fonction de classifier et de légitimer les moyens.

Finalement une croyance pose la question : "Qu'est ce que je crois au sujet de...?

Nous avons tendance à tenir pour évident ce que nous croyons vrai au point que nous n'y pensons plus. Nous sommes un peu comme le poisson rouge dans son aquarium. Il regarde autour de lui et ce qu'il est le moins susceptible de remarquer...c'est l'eau. Tels des poissons, nous sommes baignés par les croyances de notre bocal. Elles nous paraissent naturelles, universelles ou, tout au moins, partager par les personnes " de bon sens ", bref elles sont" VRAIES ".

Notre système de croyances est la base de notre vision du monde. Il se compose de l'ensemble de nos croyances et détermine le sens que nous avons de ce qui est vrai ou important. Une croyance est une affirmation personnelle que nous pensons vraie. Elle porte sur la perception que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde en général. Les croyances ont une réalité psychologique mais pas forcément une réalité logique. Un système de croyance ne se construit pas sur les bases de la logique mais sur celles de l'expérience.

Généralement nous ne sommes pas conscients certaines de nos croyances. Elles fonctionnent alors comme autant de postulats implicites à partir desquels nous agissons. Il faut avoir l'esprit que certaines croyances sont plus importantes que d'autres. Celles qui exercent la plus forte influence sur quelqu'un sont celles qui ont un trait à sans identité (ce qu'il est) et sur ses capacités (ce qu'il est capable d'accomplir).

L'adoption ou le changement d'une croyance peut se faire en réaction à une seule expérience si celle-ci est positive ou négative. Mais également des expériences répétitifs produisant un effet cumulatif (qu'il soit positif ou négatif) ou la combinaison des deux moyens précédents.

Une fois qu'une personne a adopté une croyance, elle à tendance à perpétuer celle-ci en filtrant ou en déformant ce qui ne concorde pas avec. Elle maintient ainsi la cohérence de sa vision du monde. Ce mécanisme la préserve de son propre modèle et de son équilibre. Comme je vous disais dans plus haut, une croyance peut-être aidante ou limitante. La croyance aidante fonctionnera comme une ressource alors que la limitante comme un frein.

Une croyance est une généralisation à propos d'une relation entre des expériences. Ce n'est pas une stratégie, pas un savoir-faire, pas un comportement. Alors, ce que vous croyez être la cause déterminera l'endroit où vous irez chercher la solution. Avec les croyances vous trouverez souvent ce que vous cherchez, quoi que cela puisse être (... Stratégie du bouc émissaire, du Calimero...).

Si vous croyez que vous cherchez se trouve à tel endroit..., c'est donc là que vous le " trouverez". Si nous sommes attentifs à notre langage, chacun d'entre nous livre et révèle ses croyances à propos de tout un tas de choses, à longueur de journée, dans des phrases du style : " je pense... Je suis persuadé que... Il est évident que..."

Comprendre que pour décoder les croyances de ce qui nous entoure, il faut être très attentif à leur langage. Les blocages et les évitements se manifestent dès lors qu'on arrive à l'expression d'une croyance limitante. Souvent la croyance limitante qui se cachait, et que la personne commence à découvrir, peut sembler incohérente, stupide, en contradiction avec ce qu'elle fait ou pense...

Voici quelques phrases qui peuvent vous indiquer que vous êtes sur la bonne voie et que vous avez identifié l'impasse liée à une croyance limitante. " logiquement, c'est que ce n'est pas vrai, mais... Cela n'a pas de sens et pourtant... Cela peut paraître idiot, mais...".

Korzybski disait " la carte n'est pas le territoire " "Nous lisons la carte et nous croyons lire l'ordre du monde. Mais la carte mais pas le territoire, elle n'est qu'une construction de notre esprit. Rien ne nous garantit que la carte soit exacte..." Chaque être humain étant unique, chaque vision est unique, même si plusieurs visions du monde peuvent avoir des éléments communs. Une vision du monde est un tout parfaitement cohérent, structuré, possédant sa propre logique. Cette organisation qui nous est personnelle, nous permettant d'attribuer un sens à ce que nous vivons, de réagir à notre environnement et de nous diriger dans la vie.

Au pays de nos croyances, c'est notre carte du monde, élaborée jours après jours pouvant être enrichissantes ou frustrantes selon que nos croyances soient aidantes ou limitantes.

Pour conclure, travailler sur ses croyances, c'est travailler sur une vision du monde cohérente et aidante.


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